La langue basque est la langue de ce territoire. Il y a deux ou trois générations à peine, le basque était la langue qui avait cours dans pratiquement toutes les maisons du village, entre voisins, à la sortie de la messe. C’est en allant à l’école, en partant travailler à l’extérieur, que peu à peu les habitants ont vu le français envahir leur quotidien. Aujourd’hui cependant, grâce notamment à l’ikastola et à l’enseignement bilingue, beaucoup de jeunes savent parler basque et le pratiquent. La culture basque, qui a pu être à une époque proche de la folklorisation, montre aujourd’hui une grande vitalité, qu’il s’agisse du théâtre, la musique, la danse, le chant, le bertsu, les réalisations populaires (les pastorales, les mascarades, libertimendu, …). En plus de connaître une grande fréquentation, ces évènements sont un ciment de nos communautés. La langue et la culture basque fondent l’identité de ce territoire, que nos visiteurs remarquent et souvent nous envient.
Parce que la survie de la langue et de la culture reste quand même très fragile, nous portons collectivement une grande responsabilité dans leur préservation. Faire vivre une langue, lorsqu’elle est ainsi minorisée, n’est pas chose facile. Bien au-delà des actions symboliques, il faut porter un projet volontariste, qui accorde à l’euskara une place qui ne se cantonne pas aux marges. A l’échelle de tout le territoire, l’office public de la langue basque d’une part, la Communauté d’Agglomération d’autre part, portent une politique linguistique. Leurs axes d’action sont essentiellement l’enseignement / transmission du basque, son usage, sa présence dans notre environnement.
La politique linguistique communale
- Créer une commission extramunicipale comprenant des élus, des associations, des particuliers, qui concevrait un plan pour l’euskara, qui soit ensuite voté en conseil municipal, et qui en suivrait la réalisation.
- Auprès des élus et des agents municipaux
- Travail de sensibilisation
- Proposition de formation pour les agents, en particulier ceux qui travaillent avec du public ou auprès d’enfants
- Recruter un technicien de la langue serait une vraie avancée : peut être envisagé en le mutualisant avec des communes voisines, et avec l’aide de la CAPB.
- Prendre part -en tant que commune- aux évènements autour du basque tels Euskaraldia, Korrika, Euskararen eguna, Euskararen urtaroa…
Présence / Visibilité du basque
- Au sein de la mairie
- Accueil et communication avec les administrés
- Communication écrite qui soit bilingue, y compris pour l’actualité, de qualité professionnelle : bulletin, site web, PanneauPocket, courriers aux administrés…
- Des actes légaux peuvent être en euskara comme la célébration d’un mariage, le livret de famille peut être bilingue.
- Sur l’environnement, et relevant de la compétence communale :
- Noms de rues et panneaux (les rues sont en basque aujourd’hui, à poursuivre)
- La signalétique intérieure dans les bâtiments communaux
Transmission et usage
- Ecoles : les deux écoles sont bilingues et en immersion en maternelle.
- Les professionnels travaillant avec les enfants (ATSEM, périscolaire) doivent être bascophones, l’école privée peut aussi être accompagnée là-dessus.
- Loisirs : il n’y a pas de centre de loisirs dans la commune, mais
- Des activités ou sorties en basque peuvent être proposées par la commune/CCAS pendant les vacances, éventuellement organisées avec les communes voisines.
- Proposer aux associations de proposer des activités en basque, par exemple au rugby dans le cas d’entraîneurs bascophones, également d’avoir une communication bilingue.
- Adultes :
- Proposer des mintzapraktika (séances de conversation), ateliers découverte de l’euskara
- Aider la création d’une gau eskola (par exemple en mettant un local à disposition)
- Soutien financier auprès d’adultes qui s’inscrivent aux cours de langue (via une bourse, par exemple)
- Commerces, entreprises, professionnels
- Proposer de produire une signalétique et leurs documents en basque/bilingue
- Proposer d’apprendre des formules/éléments d’accueil en basque
Une première mesure à prendre : la reconnaissance officielle du basque, aux côtés du français
- Serait une délibération à voter en Conseil municipal :
- >ne crée pas de droit nouveau (impossible : la loi et la constitution l’empêchent)
- > pose la volonté de la commune de donner une place importante à l’euskara, base de la politique linguistique.
- > voté par l’Agglo en 2018 : la reconnaissance officielle du basque et de l’occitan gascon comme langues de son territoire, aux côtés du français. Sert de base par exemple, à l’utilisation des trois langues pour les services à la population ou pour la communication de la communauté d’agglomération.
Un projet-phare : un plan en faveur de l’euskara
- Concevoir et voter un plan euskara, avec des moyens dédiés.
- > Un contrat de progrès 2024-2028 a déjà été signé en 2024 par la commune avec la CAPB. Nous pensons qu’il faut aller plus loin.
- Un plan serait une projection pluriannuelle, qui engloberait l’ensemble des mesures qui ont été évoquées (et plus encore), fixant des objectifs et instaurant des nouvelles façons de faire
